Depuis de longues années, après une formation à la Rue Blanche, Gilbert Ponté pratique le "solo"; on citera pour mémoire : "Giacomo" sur son enfance italienne, une version incroyable de "La Ferme des Animaux" de George Orwell, ou encore "Le Bar sous la Mer" d'après les récits de Stefano Benni ou encore "Le Saint Jongleur François" de Dario Fo qu'il a traduit et dont le spectacle est repris par la Comédie Française.
Gilbert Ponté s'est construit au fil du temps un style qui n'appartient qu'à lui, entre conte et théâtre, mime et burlesque, le tout pétri d'une constante humanité et d'un vrai regard critique sur le monde. Dans chacun de ses spectacles, il utilise sa capacité intuitive de matérialiser l'invisible, de donner à imaginer des personnages et des situations...
En tant que metteur en scène il décide de réunir autour de lui une troupe et crée des petites formes qui permettent aux comédiens de jouer et de vivre de leur métier. Des projets plus ambitieux se dessinent, il fait le choix alors de s'installer en Région Centre pour mener un travail d'action culturel sur un territoire. Il dynamise l'esprit de création de sa troupe, multiplie les actions culturelles en région. Crée "Georges Dandin", "Petit Ours visite le monde", crée "Phèdre" et prépare actuellement sa prochaine création "Nuits d'hôtel" spectacle composé de textes contemporains. Entre temps il mène des actions dans les lycées, va au devant de nouveaux publics, persuadé qu'il est temps de préparer l'avenir.
Le travail de Gilbert Ponté se veut plus populaire. "La Ferme des Animaux" ou "Giacomo", s'adressent à tous, tout autant que "George Dandin" ou "Phèdre". Si les textes sont différents et plus ou moins difficiles, le choix du metteur en scène, de l'auteur ou de l'acteur selon, reste le même faire un théâtre pour tous, à la porté de tout un chacun. Une démarche moderne, contemporaine, urbaine, humaine et humaniste.
Aucun spectacle n'est monté au hasard. Gilbert Ponté possède une ligne de conduite artistique bien précise. Sa démarche est toujours généreuse, ses choix à première vue, éclectiques suivent une même direction : faire un théâtre engagé dans le quotidien, dans la vie des gens, un théâtre qui parle de la vie de tous les jours par des moyens quotidiens, transcendé pour en garder l'essence et donner toute la dimension théâtrale du texte ou de la pièce. Un théâtre de terrain qui permet de toucher toutes les tranches d'âges ou presque. Ses actions auprès des jeunes sont motivées par le même désir. Il s'adresse aux spectateurs de demain en leur ouvrant la porte du théâtre et de la littérature.
Quand Gilbert Ponté monte "La Ferme des Animaux", il prend un texte et l'interprète avec ce qu'il est : un homme simple et accessible, sans chiqué qui fait passer l'humain et les émotions avant de mettre en avant les mots qui sont pourtant le vecteur.
Quand il fait le choix d'intégrer des télévisions sur scène dans "George Dandin", il parle du quotidien avec des instruments du quotidien. Il parle à tout le monde de façon à être compris de tous. La forme permet de faire passer l'aspect plus complexe du texte et met en avant le fond qui est pour lui souvent l'essentiel. Quand il écrit, joue et met en scène "Giacomo", il partage avec simplicité et tient un propos engagé en parlant à l'enfant qui est en nous tous.
Quand il fait le choix de mettre en scène "Phèdre" de façon épurée en installant de la vidéo et de la musique "live", il retranspose la tragédie aujourd'hui en suivant sa ligne de conduite. Un théâtre populaire et humain.
Un théâtre social : les moyens employés, la télévision, la vidéo, la musique en direct sont des moyens simples qui parlent d'eux même. Tous les textes montés par Gilbert Ponté parlent d'actualité sociale (L'immigration, le monde ouvrier, avec "Giacomo", la difficulté des sentiments, la famille recomposée avec "Phèdre"). Sans jamais s'apitoyer ou s'appesantir avec finesse et intelligence, il peut aborder tous les thèmes.