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DANDIN

 

Dandin n’est pas un imbécile, il a tout pour être heureux. Il est riche, il a épousé une jeune personne, Angélique, et surtout il a réalisé son rêve, accéder à une nouvelle classe sociale. Il a semble-t-il tout réussi, et pourtant il vit un enfer. C’est ce qu’il nous dit au début du spectacle qui s’ouvre sur un monologue de Dandin. 
Dans la vie, rien ne fonctionne jamais comme on l’a prévu. Avant de prendre femme, Dandin a oublié de demander à Angélique si elle voulait bien de lui… Et il suffit alors que passe Clitandre pour que tout bascule…Pour que la vie de Dandin devienne une tragédie. A partir de ce moment et durant toute la pièce Dandin n’aura alors de cesse que de vouloir démontrer que sa femme le trompe…Un objectif qui tourne à l’obsession, à la paranoïa moliéresque.

Dandin souffre, se donne des claques, se complet peut-être…dans sa souffrance…Une souffrance absurde, masochiste qui nous fait rire…Mais il doit démontrer son bon droit, la pure vérité qui lui permettra sans aucun doute de renaître. Il est prêt finalement à avouer qu’il est cocu pour avoir enfin l’impression d’exister. Exister c’est là le vrai drame de Dandin,. Dandin n’existe pas.
Pour Lubin Dandin n’est pas Dandin
Il disparaît devant le mépris des Sotenville
Et il suffit que Clitandre surgisse et qu’il nie ce qui est l’évidence pour qu’on le croie lui et non pas Dandin.
Tout se passe comme si Dandin n’était pas là. On se moque de lui, il ne compte pas. Il n’a pas  d’identité. C’est un homme seul, seul face à lui-même, qui marmonne, monologue…nous prend à témoin.
Mais si personne ne voit Dandin, si personne ne l’écoute pas, on constate qu’il en va de même pour les autres personnages qui a aucun moment  ne cherchent à entrer en communication avec l’autre. Les rapports qui s’installent alors deviennent des rapports de haine et de violence. Clitandre déteste les Sotenville, les Sotenville détestent Dandin qui lui-même à peu de considération pour son personnel. Personne ne communique avec personne. 

Heureusement Angélique est là, Angélique que ses parents ont lâchement vendue à Dandin.
Angélique qui se défend, qui a le courage de regarder son mari en face, de lui tenir tête.
Ce couple mal composé,  se déchire, se fait du mal peut-être mais il se parle…Angélique et Dandin échangent et par là même deviennent profondément humains. Humains face aux pantins qui les entourent.
Les Sotenville sont des images, enfermés dans leur bocal télévisuel, Clitandre top model insipide, Lubin, Zani pantois.

Au milieu de cette noirceur, les scènes de quiproquo, de coups de pieds au cul, nous rappellent que Molière était un grand farceur.

Il nous a semblé que la meilleure façon de représenter cette histoire était d’utiliser le tréteau, et le velours rouge, la farce - la tragédie. Le tréteau  espace vide qui appartient pleinement à l’acteur lui permettant ce jeu farcesque que Molière aimait tant. La solennité et le luxe du velours rouge suffiront à nous rappelé le XVIIe siècle.
La musique répétitive et lancinante de Bach ponctuera les trois actes.

 

 

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